Importance du toucher

 

Tous les mammifères aiment se réfugier et se blottir contre la chaleur et la douceur de leur mère. Tous les mammifères, petits comme adultes, aiment les caresses. Pourquoi seul L’Homme les fuit ?

Chez les mammifères, le léchage et l’autoléchage, caresses faites avec la langue et déjà très liées à la notion d’amour de soi et de l’autre (le petit), sont incontestablement responsables de du développement des organes et de tout système vital de l’organisme ainsi que de l’entretien fonctionnel de celui-ci  par la stimulation du système hormonal.

Chez l’Homme, ce léchage est remplacé par les contractions utérines puis par la caresse et le maternage. Le fait de soumettre un bébé prématuré a une stimulation cutanée lui fait prendre du poids, l’éveille, le calme. Le bébé est touché, réchauffé, bercé, caressé, lavé, habillé, cajolé, essuyé, protégé dans les bras. Le toucher est ainsi le premier mode de communication, fusionnelle, pleine de messages non verbaux, messages de plaisir entre la mère et l’enfant : messages de sécurité, d’affectivité, d’éroticité et de sentimentalité. C’est le toucher qui permet à l’enfant de savoir si sa mère est calme ou énervée et qui permet à la mère de savoir si son enfant va bien.

« Nous insistons ici sur l’expérience du plaisir tactile, matière première de la construction du sujet humain, sans ignorer le registre fonctionnel de l’expérience « sensori-motrice » (élaboration de la perception, de la division moi/monde du nourrisson opérée  à partir de la sensibilité corporelle,…). On peut voir que ce bain de caresses, de chaleur, de plaisirs va être le ciment nécessaire que va permettre à l’ordre symbolique (par la parole) de s’incarner réellement, de se lier au réel.».
Sexe, corps et groupe, MARIE AIMEE GUILHOT+ ALAIN LETUVE,  p45.    
       

 Je rappelle que le JEU pour l’enfant favorise sa communication, sa physiologie (par la découverte du corps et son organisation spatiale) et son bien être grâce à la notion de plaisir. Le jeu favorise la dimension affective, l’autonomie de l’enfant, la découverte et la compréhension de l’environnement, la structuration de la personnalité et de la pensée. Or le jeu commence par le toucher : par le corps entier dans la matrice puis dans les bras, par les lèvres et les mains au contact du sein. Priver un enfant de toucher, c’est le priver de tout cela et c’est amener progressivement les adultes dans un monde qu’ils considéreront complètement hostile et générateur de multiples souffrances permanentes.

Le toucher est le moyen de communication primaire, préverbale, qui va renseigner le fœtus puis l’enfant sur tout son environnement, qu’il soit interne par les sensations corporelles ou externe en renseignant sur le non soi. Dans les deux cas, il renseigne sur les limites de soi et sur la notion d’identité. Le toucher fait apparaître la libido* chez l’enfant et l’aide à se constituer un schéma corporel*, une image corporelle* et un narcissisme sains. Il symbolise la reconnaissance et l’acceptation de l’individu. C’est lui qui permet de faire connaissance avec soi-même, avec les autres, avec l’environnement, et qui assure l’éveil de la sexualité et de la génitalité dans de bonnes conditions. 

A l’occasion d’une expérience d’Harry HARLOW, contemporain de SPITZ., on s’aperçoit que les bébés singes préfèrent une maman factice en tissu qui ne les nourrit pas mais qui les cajole à une maman factice en fil de fer qui les nourrit. On a pu conclure que l’amour du bébé pour sa mère vient plus de la satisfaction du besoin de sécurité que de celui de la faim.

Au niveau des besoins psychologiques de reconnaissance et d’appartenance, un simple toucher ou une étreinte intime apportent au moins dix fois plus de stimuli positifs que le fait de témoigner de l’amour ou de la reconnaissance par la parole en disant, par exemple : « je t’aime ; tu me plais ; tu as parfaitement réussi, bravo ; je te trouve belle.. ».

 

De nombreux effets bénéfiquessont reconnus aujourd'hui par la science, notamment :

amaigrissants, antalgiques, articulaires, cardiovasculaires, circulatioires, croissance, cutanés, digestifs, dos,  énergétiques, hormonaux, immunitaires, musculaires, neurologiques, obstétriques, ostéologiques, pédiatriques, pharmacologiques, psychologiques et sociaux, relaxants, respiratioires, sexuels, synchronisation (rythmes circadiens), urinaires, vieillissement.