Le Jugement

S'enrichir de ses projections...

Le mot Jugement revêt 2  sens :

1)  Juger comme considérer, émettre une opinion, soumettre au jugement de la conscience, de la raison. Considération, discernement, avis, positionnement.
2)  Juger comme poser un verdict, ou une sanction arrêtée. Evaluer, condamner, soumettre quelqu’un, trancher, rendre la justice. (« Cela ne se fait pas ! »)

 En dehors des tribunaux et des autorités légitimes, que je considère indispensables pour assurer la vie en collectivité entre les Hommes, le jugement selon la seconde définition n’apporte jamais du bon.
Il est à ne pas confondre avec observation, évaluation ou diagnostic, il est négatif même dans les situations de formation ou d’éducation.

Le Jugement définit ce qui est bien ou mal, bon ou mauvais, acceptable ou non. Mais selon qui ? Un peu comme dans un tribunal, il est énoncé par quelqu'un qui prétend savoir, qui ne se positionne pas lui-même, qui avance des généralisations, illusions et projections et qui veut rallier l’autre à la similitude. Il sous-entend que le juge a des prérogatives sur l'autre, qu'il sait mieux, qu'il est plus compétent ou plus instruit, plus intelligent, plus vérace, etc. Le rapport de force et la recherche de dominance est sans ambages... C’est pour ces raisons que le jugement est souvent reçu comme une claque car il est vécu comme stérile et enfermant, péremptoire et persécutant, violent, définitif et destructeur. Il ferme le débat, coupe la communication et souvent engendre un conflit.

C’est un pack de sept caractéristiques indissociables : c’est peut être pourquoi on parle de jugement dernier.

1)      Il se pose comme vérité tranchante et définitive, tombe comme un couperet ou une étiquette et oublie de prendre soin de la personne jugée.

2)      Il se pose comme intangible ; ou il est allié à une très forte saisie. Le juge se considère comme détenant LA vérité.

3)      Persécuteur car souvent disqualifiant : tu vois tu as encore raté comme d’habitude. Quelle conne ! Lorsqu’il est positif, il sous-entend néanmoins la supériorité du juge par rapport à son interlocuteur. Le juge se pose en tant que chef ou spécialiste, et non plus en tant que collaborateur relationnel.

4)      Désagréable : je suis mal en le recevant et en le prononçant.

5)      Stérile, gratuit, généralisant, fixant et non constructif.

6)      Inhibant : cassant dans les élans, dans les désirs et les besoins de soi ou d’autrui, il est castrateur et démotivant.

7)      Déstructurant : je suis nul… je suis méchant… je suis jugeant…

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C’est le versant négatif de mes valeurs et opinions, dont le versant positif est l'affirmation et le positionnement de soi.

Attention : Quand mes valeurs sont avalées toutes crues et non assimilées, non remises en question, il se peut fort que ce soit du jugement :

-  On ne parle pas de soi, il n’y a que toi au monde, tu es égoïste.
-  On ne parle pas à table.
-  Dans la vie on ne demande pas.
-  La vie n’est pas facile, il faut se battre.
-  Avec toi, c'est toujours pareil.
-  Il faut souffrir pour être belle… ou pour aboutir.
-  On travaille d’abord, on joue après.
-  C’est très dangereux de faire confiance.
-  La vie n’est pas un jeu.
-  On ne montre pas ses émotions.
-  Les hommes sont tous les mêmes ils ne pensent qu’à ça.
-  Quand on est marié ma fille, il faut remplir ses devoirs conjugaux.
-  L’homme est un loup pour l’homme.
-  A 50 ans on ne trouve plus de travail.
-  A ton age on ne joue plus à ça.
-  Les garçons ne pleurent pas… 

Dans ces cas, le jugement est synonyme de croyance, d’illusions, d’injonctions parentales ou d’élaborations infantiles. Il correspond assez systématiquement à la paille que je vois dans l’œil de l’autre tout en refusant de voir la poutre qui se trouve dans mon œil.
Le jugement correspond très souvent à des caractéristiques que je vois chez l’Autre tandis que je reste dans le déni en refusant de les voir principalement chez moi. En ce sens, le jugement est souvent une projection : attribuer à autrui ce qu’on refuse de voir chez soi.

 

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