La souffrance cékoi ?

 

Tout le monde connait la Souffrance aigüe et patente. Dans ces cas, elle est physique, dans  les fractures, l'inflammation, les douleurs, ou psychologique dans l'angoisse, les émotions difficiles, la colère, la violence ou la dépression.


Suit la Souffrance chronique, consécutive à la conscience de l'impermanence des choses, de la frustration, de l'insatisfaction permanente que nous vivons. Le bonheur complet n'est jamais là, il y a toujours quelque chose qui ne va pas, qui est désagréable, qui est incontrolable, menaçant ou malheureusement transitoire.

Nous devons toujours quitter le plaisir et les bons moments, nous sommes séparés des êtres qu'on aime, confrontés à la promiscuité, nous devons travailler avec ceux qu'on n'aime pas, nous sommes soumis à la froideur, l'impersonnalité et parfois l'irrespect des services publics. Nous recevons des factures incomprises, nous nous sentons souvent dupés, abusés ou volés...
Il y a toujours quelque part autour de nous des circonstances déplaisantes, frustrantes, insécurisantes, menaçantes, injustes, impondérables, dévalorisantes, incontrôlables...

Un autre degré de Souffrance pernicieuse révèle que la Vie ne sera jamais comme je l'imagine et comme je voudrais, que les autres ne sont pas d'accord avec moi et que je ne ressemble pas à celui ou celle que je voudrais être ! Jamais, que je sois cantonnier ou maître spirituel.

 

Encore plus fine et subtile, la souffrance rattachée aux étapes de la vie : je me marie ou enfante, je perds ma liberté, je vieillis, je perds donc des avantages, je perds ma jeunesse, ma beauté, je perds mes cheveux, mes dents, mes enfants, ma souplesse, ma santé....

 

Puis je prends conscience qu'en fait, je ne maîtrise rien de rien, tout est incontrôlable, je ne vis que dans un environnement  interdépendant et je n'existe pas du tout uniquement par moi même... Telle est la notion de vacuité : rien n'existe en soi et par soi, rien n'a d'essence propre, et tout n'a qu'une apparence " relative ". Or dans la réalité " ultime ", tous les objets et phénomènes sont "vides d'existence propre" car ils ne vivent (même une chaise !) qu'en interdépendance avec autre chose, leur environnement.
Tel est le dernier degré de souffrance.

 Non ; le dernier degré de souffrance, est la conscientisation de notre état transitoire : nous allons tous souffrir puis mourir. Et cette peur nous effraie tant qu'elle occasionne une souffrance - conscientisée ou non - qui nous mène droit aux conduites incorrectes, excessives, mal adressées, dépressives, consuméristes ou addictives, dans la névrose... 

 L'approche transpersonnelle peut largement nous aider à modifier le fonctionnement de notre esprit, à le décontaminer des idées fausses, à l'ajuster à l'ici et maintenant dans sa réalité ultime, jusqu'à ne plus craindre la mort... = c'est à dire jusqu'à vivre pleinement et sereinement notre vie en la dépliant progressivement  d'instant en instant.

Jean-Jacques EB