Se relaxer, ce n'est pas de la détente !

 

Détente et relaxation ne sont pas synonymes de passivité, mais il ne faut pas confondre ces deux concepts.
Et ni l'un ni l'autre n'ont à voir avec la Méditation.


Communément, se détendre signifie se changer les idées. La notion de détente est assimilée à celle de passe-temps ou de distraction durant laquelle on s’excite dans les mouvements d’une activité, même si celle-ci nous repose l’esprit des tracas qui l’envahissent. Mais sur un autre sujet, l’esprit continue néanmoins à travailler. On peut se distraire devant la télévision  mais il est très difficile de s’y relaxer car elle fait fonctionner l’esprit et apporte trop de stimuli par période donnée.

Beaucoup de gens se détendent en jardinant, mais cette activité sous-entend beaucoup d’exercice physique et parfois l’adoption de positions vicieuses et inconfortables antagonistes de relaxation.

Lorsqu’on se livre au modélisme en construisant des maquettes d’avions, l’activité physique est très restreinte mais c’est l’esprit qui travaille dans l’attention et la concentration.

L’activité neuromusculaire est importante pendant les vacances où l’on marche en montagne, où l’on joue aux cartes ou à la pétanque, où on se baigne en mer : les muscles sont fortement sollicités, ou alors c’est l’activité mentale qui l’est.

 Faire du sport pour se calmer car on se sent trop tendu est une hérésie. Cela parait chasser notre stress car cette hyperactivité  vide nos batteries et nous met à plat ; mais elle entraîne une surconsommation d’énergie, une fatigue des muscles et fait monter la tension (d’où la fréquente impossibilité de dormir le soir immédiatement après un exercice physique). Inutile de dire que cette activité n'agit en rien sur l'étiologie, la source et les causes du stress.

Il est parfois plaisant de se détendre en caressant son compagnon(or la vie moderne nous invite à consacrer de moins en moins de temps à l’intimité) mais il n'est pas possible de relaxer pendant ce temps car ce style d’approche peut assez rapidement mener à un état d’excitation, de tension sexuelle incompatible avec la notion de relaxation.

 L’assoupissement sur une plage pendant le bronzage ne constitue pas une relaxation car la personne est passive, comme dans le sommeil. Relaxation n’équivaut pas passivité. 

 

La relaxation pourrait être entendue comme synonyme d’activité car elle consiste à s’astreindre  à ne rien faire ; du tout !  C’est totalement paradoxal !  Ne rien faire, sinon d’être à l’écoute, sans effort, simplement en était d’éveil et d’accueil.           

 Relaxer est un terme qui apparaît fin du XIIeme siècle et qui vient de Relaxare : « pardonner ».  Au XIVeme siècle, il signifie « Remettre en liberté » et c’est au XVIeme siècle qu’apparaît la notion médicale de « Relâcher, détendre les muscles ». (Relaxation : voir Prévention du stress). C’est sans doute pourquoi Jacobson parle d’interruption des contractions musculaires ; ce n’est donc pas de la détente. 

 Relaxer consiste à supprimer les tensions, à arrêter l’énergie, à cesser tout mouvement, même lorsque le nez démange ! La relaxation étant le contraire de l’action, il faut se forcer à supprimer tout mouvement parasite non seulement physique mais également tout mouvement de l’esprit. Et il est parfois très difficile d’arrêter le disque dur cérébral, d’arrêter de réfléchir, de cogiter, de ressasser, de laisser librement passer les idées sans les retenir. C’est en ce sens que je dis que la relaxation est comme de l’activité : celle qui consiste à se centrer sur l’inactivité, sur la neutralité et la non induction, sur le relâchement généralisé.

C’est ce qu’on appelle sophronisation en sophrologie : relaxation physique et mentale rapprochant la personne de l’état de sommeil mais la maintenant toujours en amont, en état de conscience, dans un état dit sophroliminal (état sophronique).  

  « Une augmentation de tension musculaire entraîne une augmentation de tension cérébrale et, inversement, une baisse de la tension musculaire entraîne une baisse de la tension psychologique ».    Dr BENSABAT – Le stress c’est la vie, p90.           

Des expériences effectuées dans des grandes entreprises et multinationales prouvent les bienfaits de la relaxation sur tout le personnel tant sur le plan de la relation que sur celui de la rentabilité. C’est pourquoi  les stages de développement personnel tendent à s’y développer. Les chefs d’entreprise sont souvent hyper stressés par leurs responsabilités et par le facteur risque.

La relaxation ne doit pas être considérée comme superflue car c’est un moyen que nous avons de recharger nos batteries, faute de quoi nous nous exposons au déséquilibre, nous risquons de « péter un plomb » ou d’entrer dans la maladie psychosomatique. 

 

Dans un deuxième temps, on verra que la véritable relaxation fait remonter à la surface de la conscience des prises de conscience, des émotions, des souvenirs, et permet un bien meilleur recul sur la vision des situations : Qu'ai-je vécu et comment l'ai-je vécu ? Comment je fonctionne ou dysfonctionne ? Que vis-je dans telle situation, et comment je me défends dans telle autre ? Etc. La relaxation n'est donc pas seulement un moyen de relâcher la pression, mais devient dèslors un véritable moyen de travail sur soi et de prise de conscience de nos comportements, vécus et réactions.  Et c'est d'ailleurs ce qui constitue sa finalité depuis la nuit des temps.

Il ne faud donc pas confondre les deux objectifs de la relaxation, comme de la méditation : le premier, objectif relatif est de relaxer et de làcher les tensions ; le second, objectif ultime est de parvenir à une meilleure connaissance de soi pour un ajustement plus fertile et agréable à l'environnement.

J.J. Eric Brabant