
« Il ne faut pas confondre la maladie avec la lésion qui n’en est que la révélation matérielle ou le résultat éventuel […] ». HIPPOCRATE – Corpus Hippocraticum.
« Tout symptôme est l’expression d’un conflit inconscient et la manifestation extérieure du retour du refoulé ».« Entre psyché et soma, il y a une frontière que mes successeurs devront explorer et dont ils devront découvrir les lois de fonctionnement ». FREUD
« Psycho-somatisme », est une notion datant d’Hippocrate. Les influences du « moral sur le physique » furent ensuite bien décrites par pléthore de médecins et philosophes tout au long de l’humanité, puis reprises par CABANIS, PINEL, ESQUIROL, médecins français en fin du XVIIIe siècle.
Le terme psychosomatique apparut en 1818 utilisé par un psychiatre allemand, HEINROTH, qui décrit une forme d’insomnie. En 1895, BREUER et FREUD relançaient le concept par la conversion somatique (conversion hystérique) en travaillant sur l’hystérie. Ils s‘aperçurent néanmoins que certains sujets non hystériques présentent les mêmes caractéristiques. En 1911, Walter B.CANNON (1871-1945) prouva que, par l’intermédiaire de voies nerveuses cortico-thalamiques (dans le cerveau), les émotions ont une répercussion directe sur la physiologie de l’organisme tout entier, y compris sur le système neurovégétatif qui règle l’homéostasie de l’individu.
C’est GRODDECK* que l’on reconnaît comme père de la psychosomatique et qui a écrit dans Le Livre du Ca en 1923 :
« Quand ca ne passe pas par la bouche il faut bien que ça passe ailleurs ».
« Serait-il tellement impossible que la température du corps, la fièvre puisse être déterminée psychiquement ? C’est certainement possible, car, pour l’inconscient, la séparation de l’âme et du corps n’existe pas ; selon ce qui lui paraît indiqué, il utilise une fois le corps et une autre fois l’âme ». GRODDECK – La Maladie, l’art et le symbole.
Et le terme Psychosomatique revint aux Etats Unis, repris par Franz ALEXANDER* en 1930 (école de Chicago) puis par F.H. DUMBAR (école de New York), époque à laquelle on commençait à tenir compte des bénéfices inconscients de la maladie pour le sujet.
En 1940 aux Etats-Unis, Flanders. H. DUMBAR établissait des liens entre maladies et types de personnalité. Selon elle et les chercheurs de son équipe, « la structure de la personnalité fragilise une partie déterminée de l’organisme à l’agression externe et prépare le terrain de la somatisation ». Elle écrivit son ouvrage Le Diagnostic Psycho somatique en 1944.
A Chicago, ALEXANDER réfutait cette notion de profil de la personnalité mais, à partir de la névrose d’organe dont parlait FREUD, il a souligné une corrélation entre somatisations et types de conflits psychoémotionnels qu’il a appelé « constellation psychodynamique ». Il expliquait la somatisation par une affirmation toujours conservée par l’Ecole Psychanalytique de Paris. Elle serait liée à l’existence d’une stase énergétique pouvant siéger soit dans le psychisme et entraînant des troubles psychologiques, soit dans les organes et pouvant entraîner une névrose d’organe, parfois des lésions organiques ou fonctionnelles. ALEXANDER a cité : « la spécificité du trouble émotionnel engendre la spécificité du trouble organique fonctionnel, voire du dommage lésionnel ».
Chaque état émotionnel a son syndrome physiologique propre, conclut A. BECACHE.
En 1931, à l’instar d’HIPPOCRATE qui a établi une typologie de la personnalité selon quatre types, Claude SIGAUD institua une classification morphologique désignant les cérébraux, les digestifs, les musculaires et les respiratoires. Les somatisations des uns et des autres correspondant à leur type morphologique (les cérébraux affectionnant plutôt les maux de tête, les digestifs préférant les indigestions…).
En 1934, Wilhem REICH* immigra aux Etats-Unis. Il étudia le rapport entre le corps et l’esprit par l’intermédiaire de travaux sur la source des pulsions et de l’énergie psychique. Il parlait d’un « fonctionnement unitaire de l’organisme depuis les plus hauts sentiments psychiques jusqu’aux plus profondes réactions biologiques ».
Hans SELYE repris les travaux de CANNON et intervint à son tour en 1956 sur la notion de psychique-somatique avec sa notion nouvelle de Stress.
« La théorie psychosomatique, en France, a été élaborée en 1958 par un groupe de psychanalystes psychosomaticiens appartenant à la Société Psychanalytique de Paris, rassemblés sous le nom de l’Ecole de Paris […]. L’originalité de ces travaux repose sur une découverte fondamentale : le processus de somatisation apparaît lorsque le sujet n’est pas capable de traiter mentalement les contradictions qui pèsent sur lui ».
Yves RANTY (1994), Historique, dans Les Somatisations, p48. L’Harmattan, Paris.
En 1962, les Français MARTY et de M’UZAN ont décrit les traits caractéristiques des personnes qui somatisent sous le nom de pensée opératoire . Cela reste une thérorie de psychanalystes.
En 1972, s’ouvre l’Institut de Psychosomatique (IPSO), sous la direction des docteurs Pierre MARTY et Michel FAIN. La psychosomatisation y est distinguée de la conversion hystérique et de la névrose d’organe.
En 1973, P.E. SIFNEOS (Etats-Unis) introduit une autre explication, cette fois neurologique, par le concept de personnalité alexithymique* : les personnes sont tendues, incapables d’identifier leurs émotions et éprouvent de grandes difficultés relationnelles. Très pragmatiques, elles ont une vie fantasmatique très pauvre. L’étiologie alexithymique consisterait en l’absence de liaison entre le cerveau émotionnel (limbique) et le cerveau rationnel et analytique (néocortex) impliquant une stimulation à outrance du système neurovégétatif et pouvant entraîner la survenue de troubles somatiques.
« Des études cliniques, effectuées sur des malades dont on a pu établir tous les antécédents biographiques, ont montré l’existence d’un rapport chronologique entre l’évolution de leur maladie et les événements retentissant sur leur vie affective. La situation qui précipite le sujet dans la maladie revêt pour ce malade une signification affective particulière, parce qu’elle est liée à son passé ou à une problématique conflictuelle non résolue. C’est en raison de ces liens qu’elle a pour lui un effet de stress ». -
(A.BECACHE– Psychologie Pathologique, p219 – Abrégés Masson).
Le professeur Henri LABORIT parle d’un affaiblissement de l’organisme :
« Nos idées noires font marcher notre hypothalamus qui déclenche la sécrétion d’une hormone, laquelle libère à son tour de la cortisone. Or la cortisone, si elle a le pouvoir de soulager nos douleurs, peut aussi dilater nos vaisseaux sanguins et détruire notre système immunitaire. Nous voilà ouverts à la prolifération de n’importe quelle maladie : ulcère, pneumonie, cancer ».
En 1980, la notion de pensée opératoire* fut remplacée par celle de « vie opératoire ». Cette vie serait liée à une dépression sans objet ni culpabilité (dite essentielle), sans plus aucun désir ni plaisir, cherchant à souligner la suprématie des comportements sur la pensée réelle ou pauvrement onirique.
A l’instar de F. DOLTO qui à dit que la cause des symptômes et des maladies pouvait être élucidée par la psychanalyse*, la psychanalyste Claude HALMOS cite : « En électricité, si un fusible saute, après l’avoir changé, l’on va chercher l’origine de sa panne…comme derrière tout symptôme il y a une raison qui produit ce symptôme, la psychanalyse consiste à chercher l’origine de « la panne » du sujet en souffrance ».
En 1981, un médecin allemand, Ryke Geerd HAMER se lance dans une démarche consistant à scientifiquement démontrer les corrélations entre psychisme et cancer (loi d'Airain du cancer), puis en 1987, après observation de 10 000 cas, entre psychisme et toute maladie. Inutile de préciser que ses recherches attirent les foudres de la médecine conventionnelle organiciste.
En 1994 il écrit un livre : La médecine nouvelle, « la quintessence », les 5 lois biologiques de la Médecine nouvelle.
"La vérification de la médecine nouvelle est très facile à réaliser. Déjà de nombreux médecins et professeurs en Europe et au delà reconnaissent qu'elle repose sur des critères des plus scientifiques et n'hésitent pas à appose leur signature aux protocoles de vérification."
Ryke Geerd Hamer, La médecine nouvelle, p327
« Le Dr Ryke Geerd Hamer, médecin allemand, père de la "Médecine nouvelle" et auteur du Fondement d'une médecine nouvelle, qui, dans le sillage du médecin autrichien Georg GRODDECK, du Pr. Hans SEYLE, du PR. Henri Laborit, du Dr Michel ODENT, du Dr Franz ALEXANDER, du Dr Carl SIMONTON et d'autres, a démontré scientifiquement la nature psychosomatique des maladies en et a bâti la théorie vérifiée au scanner. »
Richard Sünder, Médecine du mal, médecine des mots, p6.
Le docteur Claude SABBAH prend sa suite en 1985 en y rajoutant des apports psychogénéalogiques nouveaux et appelle sa théorie Biologie totale, Christian FLECHE (Infirmier et psychothérapeute en PNL) écrit en 2000 Mon corps pour me guérir (Abord biologique) et Décodage biologique des maladies. De nombreux médecins orthodoxes emboîtent le pas.
Richard SÜNDER, pansémioticien et psychothérapeute en psychobiologie ou psychosomaticien se fait le porte-parole de ce courant et de ses recherches personnelles. Il vient d'écrire un livre très complet cité Médecine du mal, médecine des mots.
Mon livre est bourré de citations de grands médecins ou chirurgiens orthodoxes que vous connaissez tous et qui corroborent ces théories.
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