Qu'est-ce qu'un bon psy ?

Selon moi, un bon psy est quelqu'un de simple qui ne vous prend pas la tête et qui est d'abord agréable : il vous accueille, vous regarde et vous sourit, il est poli, ce qui n'est pas toujours le cas dans les cabinets.

 

C'est pour moi quelqu'un qui aime profondément les gens. Je ne crois pas qu'on puisse prétendre aider si on n'aime pas les gens ou son interlocuteur en présence. C'est donc quelqu'un de proche, tout en conservant une certaine distance thérapeutique, mais pas trop : quelle horreur que sa neutralité "bienveillante" qui s'observe dans sa froideur ou son silence...

 

Selon moi, un bon psy a été formé à la psychopathologie (Personnalités, défauts, troubles de la communication et maladies), mais cela ne suffit pas. C'est beau de voir que quelqu'un a des soucis, encore faut il savoir qu'en faire. C'est pourquoi le psy est formé à une méthode = les meilleures, les plus efficaces sont celles qui allient naturellement un travail tant intello-verbal que corporel et émotionnel ou affectif.

On sait que la tête ne dit pas toujours des choses conformes à ce qu'on vit, ressent ou expérimente vraiment. Il n'y a pas toujours accord entre ce qu'on dit, ce qu'on pense, ce qu'on ressent et ce qu'on fait dans la vie. Elle est contaminée par notre disque dur, notre mental, notre petite voix qui s'illusionne, notre ego, et c'est là que se trouvent toutes les défenses psychologiques. C'est pourquoi il est indispensable de favoriser les langages affectifs et corporel, c'est à dire ceux qui nous font réagir et dans lesquels aucune défense ne siège.

 

Selon moi, un bon psy est quelqu'un qui a énormément travaillé sur lui, qui a embrassé sa névrose ou sa normose, ses tics ou son petit vélo. C'est le plus important. Comment emmener quelqu'un sur un chemin qu'on n'a pas parcouru soi-même ? Il s'avère en plus qu'ils ne font pas psy par hasard, et que nul au monde peut prétendre ne pas souffrir ou stresser de façon anormale.

 

J’attends d’un bon psy qu’il ait travaillé suffisamment sur lui même pour proposer une relation de qualité à autrui, une communication sincère et spontanée dénuée de tout aspect pas clair et suspect. Il soit avoir résolu ses conflits et ses névroses et c'est de cette expérience qu'il va accompagner ceux qui lui font confiance.

 

Il est lui-même sans artifice et sans jeu de rôle, profondément vrai et respectueux, son mode de fonctionnement n est pas de manipuler par des stratégies ou de paraître, mais d'être. Profondément être.

« Tous les problèmes » viennent de la relation à soi-même ou à autrui. C’est pourquoi le psy le plus efficace n’affiche pas ses savoirs mais sait communiquer, entrer en relation authentique et en vrai contact.

Le reste c'est du bidon, du théâtre ou de la représentation. En ce sens on peut aller jusqu'à dire qu'un bon psy, qui « aide », ne sait pas mieux que les autres ou que ses clients, il n'est ni eux ni Dieu, mais c'est de sa seule expérience et de sa seule droiture alliée à sa technique d'accompagnement qu'il les accompagnera à trouver la leur. Le psy qui sait, c'est du bidon. Qu'il apprenne avant à entrer en relation !

 

Enfin, et c'est encore une condition incontournable, c'est quelqu'un qui se remet encore en question régulièrement avec un professionnel et qui est mensuellement supervisé dans sa pratique. 

 

«  Aidons ceux qui souffrent à prendre conscience qu'ils ne sont pas seuls.

Parlons-leur des souffrances ou des traumatismes que nous avons peut être vécus nous-mêmes, expliquons-leur comment nous avons réussi à les surmonter » . Dalaï lama.