Interdépendance, ou l'indissociabilité soi/environnement
SE DIFFERENCIER
Le Champ expérientiel
Tous courants Spirituels parlent d'interdépendance.
Si nous sommes là aujourd'hui, c'est que quelqu'un nous a conçus, nous a nourris, nous a éduqués, nous a protégés, nous a logés, nous a vêtus, nous a pris en charge, nous a fait confiance ou nous a donné du travail. Nous avons donc dépendu de parents, d'instituteurs, de couturiers, d'éleveurs, d'agriculteurs, de pêcheurs, de maçons, d'électriciens, de chimistes, d'employeurs, etc.
Même pour aller à son travail, nous avons besoin d'un vélos (industrie du caoutchouc, sidérurgie, etc.), d'un autobus ou d'une automobile (entreprise, industrie, pétroliers, politiques...)
Nous sommes également totalement dépendants de notre environnement : continuons à tuer les abeilles, et nous n'aurons plus ni fleurs ni légumes ! Le réchauffement planétaire occasionne l'accroissement de catastrophes telles inondations, tornades, cyclones...
Nous concernant, nous sommes comme des feuilles d'arbre. Une feuille n'est pas une branche et une branche n'est pas une feuille. Mais une feuille sans branche est une feuille morte. Une branche sans feuilles (mis à part en hiver), c'est un arbre mort. La feuille et la branche sont donc indissociables, mais différenciées par une frontière-contact matérialisée par le noeud qui les relie.
Nous sommes des vagues. Une vague est-elle la mer ? Mais que serait la mer sans vagues ? Rien, il n'y aurait qu'un sol sec. Et que serait la vague sans la mer ? Elle ne serait qu'une éphémère flaque d'eau en voie d'évaporation sur un sol sec.
A l'instar de la vague ou de la feuille, nous sommes indissociables de nos environnements, qu'ils soient humains ou non, interdépendants. C'est dans cet ensemble soi/environnement que nous naissons, que nous nous construisons et que nous acquérons une image de nous mêmes. Celui qui vit totalement seul est un Sage ou un fou dépressif.
Nous ne pouvons pas vivre par nous-mêmes, évoluer ou croître par nous mêmes, sinon dans la totale illusion de l'égocentrisme. Dans ce cas, nous pensons avec notre ego et nos folies, en circuit fermé, bernés d'illusions.
L'Autre est notre retour indispensable. En ce sens, Henri Laborit disait Nous sommes les autres.
Je ne sais jamais ce que j'ai dit avant d'avoir la réponse à ce que j'ai dit. Norbert Wiener.
Lorsque nous sommes seuls dans un environnement dépourvu d'autres personnes, il arrive souvent que nous pensions.
L'interlocuteur devient donc notre moi, notre ego. Il est donc sage, là aussi, de s'en différencier et de ne pas prendre nos pensées et tendances pour argent comptant. Veiller à replacer une frontière contact entre lui et nous s'avère encore une fois nécéssaire. Cette vigilance porte le nom de Sati = attention, concentration, awareness et attitude méditative.
Savoir se distinguer de ce qui se pense. Je vois que ça pense, mais ce n'est pas souvent le Sage en moi qui pense.


